| Expérience - Témoignages | |
Interview Sébastien Debrauwere
Peux-tu évoquer ton parcours universitaire et comment tu en es venu à vouloir faire IDEMM ?Au départ, j’ai fait deux ans de classes préparatoires littéraires, hypokhâgne et khâgne, à Lille, puis une licence de lettres modernes et une maîtrise Français Langue Etrangère. De là, je me suis dit que FLE c’était bien mais très spécialisé. Je me suis demandé ce qu’il me resterait si je voulais arrêter : pas grand-chose. J’ai donc voulu m’ouvrir à autre chose. J’ai fait une maîtrise de lettres modernes professionnalisante mais ce n’était pas assez orienté marché du travail. Donc j’ai voulu aller vers autre chose. J’ai alors vu IDEMM : il y avait au départ du FLE, parce que c’était à l’époque MSM (Médiation des Savoirs et Multilinguisme), plutôt axé langues, qui est devenu par la suite plus orienté édition multimédia. C’était encore la période transitoire entre l’ancien MSM et l’IDEMM actuel. Quel a été ton stage et comment t’y es-tu pris pour le trouver ?J’ai fait un stage très axé FLE, chez Télélangues qui travaille sur le e-learning. Je travaillais sur des supports de cours, pour des gens qui apprennent le français. En fait, une étudiante de l’année précédente avait été embauchée chez eux et elle recherchait quelqu’un pour un stage avec le même profil. Ca m’a intéressé. Maintenant tu travailles. Que fais-tu et comment en es-tu arrivé là ?Après la fin de mon stage, j’ai mis cinq mois avant de trouver du travail. Je suis arrivé dans une boîte qui est un peu spéciale, qui fait du « design d’informations ». Les gens voient bien ce qu’est le design et ce qu’est l’information, mais on voit très mal comment les deux peuvent fonctionner ensemble. En fait, c’est tout simplement travailler à la lisibilité de l’information, à l’ergonomie - comment adapter le contenu à un support - et tout ce qui relève de la structuration de l’information. Ca peut passer par du son, par du multimédia, en fait par tous les supports. C’est comme ça que j’en suis venu à ce métier-là : ils cherchaient un chef de projet multimédia. Quand j’ai passé l’entretien, ils voulaient quelqu’un du domaine du multimédia mais plutôt généraliste, pas forcément du web-développement parce qu’ils avaient déjà des gens qui faisaient ça. Ils développaient des sites web mais travaillaient beaucoup plus sur les interfaces, sur la structuration de l’information et je n’intervenais pas du tout sur le contenu. Ils cherchaient quelqu’un qui travaillait dans l’information, qui sache structurer. Quelles sont tes compétences professionnelles ?C’est avant tout la qualité d’analyse, très importante : savoir analyser les besoins de son client, se dire « j’ai cela comme besoin, il faut que je le traduise en pages, en actions futures ». Cela demande des compétences d’organisation, comme par exemple réfléchir à quelle rubrique il faut mettre avant, de même que cela nécessite des compétences de structuration, d’analyse, pour parvenir à bien s’adresser à l’utilisateur, tout cela non seulement d’un point de vue rédactionnel mais aussi graphique. Aujourd’hui, c’est en train de devenir stratégique : tout le monde a de l’information, mais le problème est de savoir comment faire pour s’y retrouver. Dès lors, il s’agit de vraiment travailler sur l’ergonomie et de répondre à la question des moyens pour aller rechercher l’information. Quelle est la place de l’autoformation et la veille dans ton travail ?C’est aller voir les sites, faire de la recherche. Pour tout ce qui relève du domaine de l’édition multimédia, je recommande d’aller voir le site d’Apple, qui est extraordinaire. Ils font des tutoriels, ils proposent plein de choses… En ce qui concerne les logiciels c’est aussi très intéressant, ils sont en avance. Peux-tu nous parler de ton salaire ?Il faut savoir que sur cette question, j’ai fait une erreur de jeunesse : on a souvent l’impression de ne pas pouvoir trop demander. Pour mon premier salaire, j’ai demandé 22-23 K, ce qui fait à peu près un salaire de 1 900 euros brut. Pour le deuxième emploi que j’ai eu, j’ai demandé un peu plus, et on m’a dit « vous ne demandez que ça comme salaire ?! » Moi je ne savais pas trop ce que je pouvais demander. Le recruteur a dit que cela traduisait un manque de confiance en soi, d’où une hésitation de leur part, en me disant ensuite que normalement, chez eux un jeune débutant commence à 30 000 euros par an, c’est à dire 2 500 euros brut. Cela montre bien qu’il ne faut pas hésiter non plus à demander un salaire fort, mais pas non plus à 3000 euros pour un junior ! Entre 2 400 et 2 500 brut c’est très honnête. Après, il est vrai que cela dépend des secteurs aussi. L’ANPE et l’APEC organisent des sessions pour les jeunes diplômés, qui permettent de savoir comment faire un bon CV et de s’entraîner à un entretien, entre autre. Et avec l’entretien est abordée la question du salaire : il y a des fiches métiers à l’apec avec la grille des salaires donc allez les regarder. C’est vrai que si on est dans le secteur de l’information, demander 2500 euros brut est peut-être un peu élevé.. Mais chez Aaltran c’est comme ça. Ce ne serait pas pareil dans le domaine associatif… De même dans le e-learning, ils ont moins de moyens donc on demandera 23 Ko maximum. Cela dépend, il faut se documenter, voir si c’est une grande ou petite entreprise. Comment envisages-tu ton évolution de carrière ?A long terme, j’ai une évolution de carrière possible au sein d’Aaltran : pour le moment, je suis consultant junior, je vais pouvoir sortir consultant, ensuite consultant senior ou manager. Moi ce que j’aimerais c’est avoir une expérience à l’étranger, être manager là-bas et revenir ensuite pour être consultant en management interculturel, qui consiste à manager tous les gens qui partent à l’étranger, qui se confrontent à des problématiques dites d’interculturalité. Pour cela, il faut avoir eu une formation, avoir été entraîné. Il y a plein de boites actuelles qui se cassent la figure parce qu’ils sont passés au-dessus des problématiques interculturelles. Ce projet s’inscrit sur le long terme, 15-20 ans. Il faut être crédible pour s’imposer, et avoir eu une expérience de management. As-tu des conseils à donner aux étudiants en IDEMM ?Pendant l’année d’études, se renseigner sur le secteur. Il faut déjà se poser les questions sur son projet personnel : savoir si on préfère travailler dans le secteur publique ou privé, parce que ce n’est pas du tout les même recherches et démarches quand on veut travailler.
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